1965, rue De Bergerville, Québec, G1S 1J7

(418) 658-7473

centre@mediation-iris.qc.ca

Médiation familiale

Voici les questions qui nous sont le plus souvent posées au sujet de la médiation familiale.

Nous pensons que la médiation est la meilleure approche pour régler les questions qui surviennent suite à une séparation. Il nous fera plaisir de vous guider de manière à ce que votre séparation se règle en bonne et due forme, à faciliter vos communications et vous aider  à trouver des solutions à vos mésententes.

Communiquez à nos bureaux si vous avez des questions ou pour prendre un rendez-vous. Vous pourrez rencontrer rapidement un de nos médiateurs avocats ou travailleurs sociaux.

Téléphone: (418) 658-7473

L’équipe du Centre de médiation IRISffff

Qu’est-ce que la médiation familiale?ssssss

La médiation familiale est un moyen de négocier vous même, avec l’aide d’un ou deux médiateurs familiaux, les bases de votre nouvelle vie et de régler les questions de :

  • partage des biens;
  • exercice de l’autorité parentale, arrangements résidentiels des enfants;
  • partage des coûts financiers pour les enfants (pension alimentaire);
  • pension alimentaire entre conjoints, s’il y a lieu.

Avec la médiation familiale, vous pouvez, malgré les émotions que vous vivez, échanger dans un climat de respect. Vous travaillez à la recherche d’une entente qui vise la satisfaction des besoins de tous les membres de la famille et qui peut vous mener jusqu’au divorce légal.En médiation familiale, vous confiez au médiateur familial le pouvoir de déterminer et de faire respecter certaines règles de conduite, mais vous demeurez responsables de vos décisions.

Quand pouvons-nous utiliser la médiation familiale?Enfant (garçon)

  • Avant de vous séparer conditions de votre séparation;
  • Après votre séparation physique pour négocier une entente sur les questions parentales et financières;
  • Après le divorce ou la séparation pour réviser une convention sur :
    • l’arrangement résidentiel des enfants (garde et droits d’accès);
    • le partage des coûts financiers des enfants (pension alimentaire) et/ou;
    • la pension alimentaire entre conjoints.

Comment se déroule la médiation familiale?ttttt

La démarche de médiation familiale nécessite une ou plusieurs rencontres, selon les situations. Elle débute par une première rencontre d’évaluation de la situation. Lors de cette rencontre, vous pourrez exprimer vos préoccupations et vos attentes, obtenir l’information nécessaire concernant la médiation familiale et vous entendre sur les questions à négocier ainsi que sur la marche à suivre. Les points suivants seront abordés :

  • portrait de votre situation conjugale et familiale;
  • les points de vue de chacun sur les accords réalisés;
  • les questions que vous désirez négocier.

Par la suite, chacun des points soumis à la négociation fera l’objet d’une rencontre. Selon le cas, les discussions porteront sur :

  • le partage des responsabilités parentales (garde des enfants);
  • le partage des charges financières des enfants (pension alimentaire pour enfant);
  • l’autonomie financière des conjoints;
  • le partage des biens.

Vous aurez l’occasion d’échanger sur chacun de ces sujets et d’explorer diverses solutions avant de choisir celles qui tiendront le mieux compte de vos besoins. Enfin, lorsque vous serez parvenus à un accord, le médiateur familial rédigera un résumé des ententes.

La médiation familiale est-elle gratuite?hhhh

Le ministère de la Justice assume la rémunération du médiateur jusqu’à une durée de 5 heures si vous avez au moins un enfant à votre charge. Les heures additionnelles sont à vos frais.

Si vous venez en médiation pour réviser une entente ou un jugement, le ministère assume les honoraires du médiateur jusqu’à 2 h. 30.

À noter que des frais d’ouverture de dossier peuvent vous être demandé par le Centre de médiation.

Quelles sont nos responsabilités dans le déroulement de la médiation?kkkkk

En médiation familiale, la responsabilité de parvenir à une entente vous appartient. Le rôle du médiateur familial est de vous aider à négocier cette entente de façon positive et constructive. Pour ce faire, vous devez accepter de suivre certaines règles qui permettront un bon déroulement de la médiation familiale. Ainsi, vous devez :

  • accepter que les discussions se fassent dans un climat de respect et de coopération;
  • divulguer toutes les informations nécessaires à la médiation familiale, incluant l’information complète sur votre situation financière;
  • vous engager à ce que le contenu de vos rencontres et de votre dossier soit confidentiel et ne puisse être utilisé en preuve devant le tribunal, à moins d’y être tous les deux consentants;
  • accepter que le médiateur familial ne pourra être appelé par aucun d’entre vous à témoigner en cour dans toutes procédures;
  • vous engager à ne pas entreprendre de procédures judiciaires ou à les suspendre, le cas échéant, pendant la durée de la médiation familiale (toutefois, vous pouvez obtenir un avis professionnel indépendant de nature juridique, financier ou autre pendant la médiation familiale).

Qui sont les médiateurs familiaux? Quel est leur rôle?rrrr

Les médiateurs familiaux sont des professionnels expérimentés provenant des disciplines du droit (avocat/e ou notaire) et des sciences humaines (travailleurs/euses sociaux/les, psychologues, conseillers/ères en orientation) et spécialement formés à la médiation familiale. Ils ont reçu une formation spécialisée en médiation familiale et sont accrédités par leur Ordre professionnel.les médiateurs familiaux ont comme rôle de :

  • guider vos négociations de façon impartiale et créer un climat qui favorisera l’échange entre vous;
  • vous aider à communiquer efficacement et à résoudre les tensions qui pourraient survenir au cours de vos discussions;
  • vous accompagner dans la recherche de solutions viables et qui tiendront compte des besoins des enfants;
  • s’assurer que tous les aspects d’une question seront pris en considération;
  • rédiger les termes de votre entente;

Le rôle du médiateur familial est de vous aider à parvenir à une entente volontaire et informée. Cependant, la responsabilité de prendre les décisions vous appartient.Par ailleurs, la médiation familiale ne remplace pas l’avocat ou le notaire, qui sont seuls habilités à vous donner des conseils juridiques, c’est à dire vous donner un avis sur vos décisions à partir de ce qu’indique la loi.

Liens
Textes complémentaires

Liens

Services Québec – citoyens

La médiation familiale

Besoins des enfants

Pensions alimentaires

Régime de retraite

Documents d’information en droit de la famille (gouvernement du Québec)

Lois

Direction de l’état civil (menu principal)

Violence familiale

Ordre professionnel

Textes complémentaires

  1. Pourquoi demander le divorce, on s’entend?
  2. Le plan d’action parental.
  3. Jusqu’à quand un enfant est à charge?
  4. Je ne veux pas aller chez papa.
  5. Les règles de base pour assurer le succès du partage des responsabilités parentales.
  6. Les quatre saisons de la famille recomposée.

Pourquoi demander le divorce, on s’entend?

C’est justement le temps de faire tous les documents légaux lorsqu’il y a entente. En effet, plusieurs facteurs peuvent ébranler votre entente comme la venue d’un nouveau conjoint, de nouveaux projets financiers, une perte d’emploi, une maladie importante, une faillite etc… Mais surtout, le résumé des ententes de médiation n’est pas un document légal et n’a aucune valeur contraignante entre les époux. C’est un document de travail auquel, il est préférable de donner une suite juridique soit par la rédaction d’une convention et l’obtention d’un jugement.

Ainsi, vous serez sûr(e) que les ententes ne pourront être modifiées de manière unilatérale, d’effectuer les transactions nécessaires au transfert de biens en sécurité et de pouvoir recevoir votre pension alimentaire advenant une mésentente sur le versement de celle-ci. Vos droits et les ententes prises auront plus de chance d’être respectées et vos obligations y seront clairement déterminées : ni en plus, ni en moins. Pour plus d’informations sur le sujet, vous pouvez visiter le site du ministère de la Justice (www.justice.gouv.qc.ca).

Le plan d’action parental: pour clarifier la garde des enfants et les droits d’accès

1. Qu’est-ce qu’un plan d’action parental?

Un plan d’action parental définit les droits et responsabilités de chacun des parents, les arrangements spécifiques ainsi que les accords sur les questions comme le temps de vie des enfants chez chacun des parents, les horaires de congés et de vacances, la manière de prendre les décisions et la manière de répartir les coûts.

Les décisions que vous prendrez pourront être indiquées dans votre convention de divorce bien que certaines d’entre elles ne soient pas exécutoires sur le plan juridique. Le plan d’action parental est un outil important pour favoriser la réorganisation de la vie familiale.

2. Comment aborder le plan d’action parental?

Même si vous savez très bien ce que vous voulez, il est important d’aborder la discussion qui conduira à la formulation du plan d’action parental avec une attitude d’ouverture et une volonté d’expérimenter.

Vous aurez peut-être besoin d’essayer diverses modalités avant de trouver celle qui convient. La formule que vous adopterez immédiatement après votre séparation ne conviendra peut-être plus une fois que vous serez adaptés à la situation. Soyez flexibles et permettez-vous de faire des changements en fonction des changements de circonstances. Ne voyez pas les choses qui ne fonctionnent pas comme des échecs mais comme des informations qui vous permettront de formuler un meilleur plan d’action.

Avant de négocier un plan d’action parental, il est utile de clarifier vos buts généraux et vos préférences. Voici quelques questions pour vous aider :

  • Quel niveau d’implication voulez-vous avoir avec vos enfants?
  • Chacun des parent devrait-il jouer un rôle actif en tant que parent?
  • Voulez-vous partager :
    • les responsabilités du quotidien?
    • les tâches et les responsabilités concernant vos enfants?
    • la prise des décisions concernant vos enfants et comment?
  • Combien de temps vos enfants devraient-ils passer dans chaque foyer?
  • Voulez-vous modifier quoi que ce soit dans la façon que vous aviez de vous occuper des enfants lorsque vous habitiez avec votre conjoint(e)?
  • Comment pensez-vous que vos enfants vivent la situation actuelle?
  • De quelle manière vos enfants réagissent-ils au conflit?
  • Que pensez-vous que vos enfants voudraient?

3. Que devez-vous prendre en considération lors de la négociation du plan d’action parental?

  • Les besoins des enfants en fonction de leur âge;
  • L’attachement psychologique des enfants;
  • La manière dont les tâches d’éducation des enfants ont été partagées dans le passé;
  • Le maintien d’une relation significative avec chacun des parents;
  • Un horaire prévisible qui minimise les transitions entre les foyers;
  • La capacité des enfants de vivre les transitions;
  • Le maintien de la continuité de la résidence et de l’environnement scolaire;
  • Les exigences du travail des parents et leurs horaires;
  • Le besoin d’une révision périodique pour tenir compte des changements dans les besoins des enfants et des problèmes qu’ils peuvent rencontrer.

4. Devrions-nous partager le plan d’action parental avec nos enfants?

Les enfants seront plus détendus s’ils comprennent bien le nouveau mode de fonctionnement de la famille. Il est donc important que les deux parents puissent communiquer aux enfants les nouvelles règles que les parents se sont donnés.

PLAN D’ACTION PARENTALE

RÉSIDENCE
Horaire régulier : partage du temps pendant l’année scolaire.
Vacances d’été : durée, choix des dates, préavis, mode de décision en cas de désaccord.
Noël et Nouvel an : partage des fêtes et du congé.
Congés et événements spéciaux : congés fériés, relâche, anniversaire de naissance des enfants et des parents, fêtes des pères et des mères, Pâques.

ÉDUCATION
Communication avec les autorités scolaires : téléphones et adresses.
Rencontres avec les professeurs (bulletins).
Participation aux activités de l’école (sorties récréatives, etc.).
Communication de l’information en provenance de l’école (bulletins, comités de parents, divers).
Suivi scolaire à la maison (devoirs et leçons).
Transmission des valeurs et des croyances ainsi que des tâches qui y sont reliées.
Décisions importantes : choix de l’école, groupe enrichi ou classe spéciale, etc.

SANTÉ
Visites régulières chez le médecin et le dentiste.
Choix du médecin et du dentiste.
Urgences.
Décisions importantes : orthodontie, opérations, etc.

LOISIRS
Choix des activités régulières de loisirs qui nécessitent une inscription.
Participation aux activités de loisirs et transport.
Inscription aux loisirs.

BIEN-ÊTRE
Transport entre les deux foyers.
Vêtements et articles de sport : achat, valises.
Modalités de communication parents-enfants et entre les parents.

Jusqu’à quand un enfant est à charge?

La loi prévoit qu’un enfant est à la charge de ses parents lorsqu’il est mineur. S’il est majeur, il est toujours à leur charge s’il ne peut subvenir à ses propres besoins pour cause notamment de maladie, d’invalidité ou parce qu’il poursuit ses études. Les questions sur la notion d’enfant à charge se posent surtout lorsque l’enfant gagne des revenus, poursuit des études ou encore décide de recommencer de nouvelles études.

Les juges se sont penchés à plusieurs reprises sur le sujet. Il en ressort clairement que les parents doivent apporter leur aide à leurs enfants aux études lorsque les enfants étudient sérieusement (temps plein), ont du talent et que les parents en ont les moyens. Toutefois, les enfants doivent tendre autant que possible vers leur autonomie. Par exemple, si l’enfant gagne des revenus à temps partiel, fait un retour aux études (après avoir été indépendant) ou une réorientation après l’obtention d’un premier diplôme, il pourra y avoir diminution ou annulation de la pension alimentaire. Pour les études de niveau universitaire lorsque l’enfant possède déjà un diplôme ou pour des études de deuxième cycle, les juges vont considérer les moyens et le niveau d’instruction des parents ainsi que la pertinence du projet d’études pour obtenir un emploi avant d’établir son droit à une pension alimentaire. Lorsque l’enfant est majeur, il peut exercer directement et lui-même son droit à des aliments s’il ne demeure pas chez un de ses parents.

Je ne veux pas aller chez papa.

Vous êtes dans une période de transition, au début, il y a une adaptation à faire et l’enfant s’ennuiera du parent absent.  Vous avez à le supporter et à l’inciter à aller chez l’autre parent même si cela le dérange.  Vous pouvez l’aider en lui présentant les avantages qu’il a d’avoir deux maisons et un lien fréquent avec ses deux parents.

Voici quelques trucs pour faciliter le transfert de votre enfant d’une maison à l’autre :

  • S’il part de chez-vous, facilitez le transfert en lui promettant de garder le contact et téléphonez-lui quelquefois durant la semaine.
  • Pour le jeune enfant, donnez-lui un ours en peluche ou une couverture qu’il transportera avec lui d’une maison à l’autre, cela lui procurera un sentiment de sécurité. Une photo du parent absent peut aussi l’accompagner.
  • Offrez lui un calendrier humoristique où il pourra marquer les jours chez l’un et l’autre parent, cela lui permettra de savoir à quoi s’attendre et lui donnera moins l’impression d’être constamment pris par surprise et ballotté.
  • N’oubliez pas qu’une fin de semaine peut sembler un mois à un enfant et que deux semaines de vacances peuvent être une éternité.
  • Il est bon autant que possible de garder une continuité avec ce qui se faisait avant la séparation (habitudes de vie, discipline, rites, etc.).
  • S’il arrive chez-vous et que vous devez aller le chercher, assurez-lui que vous serez là au moment prévu et soyez-y à tout prix. Parce qu’il a vu ses parents se quitter, il a peur de l’abandon.
  • Associez son arrivée avec une activité qu’il aime comme un souper au restaurant.
  • Aidez-le à faire et défaire ses valises, faites-en un moment d’échanges sur ce qu’il a vécu depuis votre dernier contact.
  • Assurez-vous d’être le plus présent possible après son retour chez-vous.
  • Même si sa résidence principale n’est pas chez vous, réservez-lui quand même un espace qui est sien de façon permanente et qui n’est pas utilisé par d’autres en son absence afin d’atténuer son impression « d’être de la visite.
  • Si vous manquez d’espace et ne pouvez lui consacrer une pièce entière, réservez-lui au moins un tiroir, une commode, quelque chose qui ne sera qu’à lui et qui marquera son territoire en tant que membre de votre famille à part entière.
  • Peut-être qu’un tout petit changement est nécessaire : est-ce qu’il a des amis et des activités chez-vous ?  Est-ce que vous êtes souvent absent lorsqu’il est là ?  Est-ce qu’une nouvelle personne habite avec vous et que des ajustements sont nécessaires ?  Etc.
  • Si à l’inverse, il ne veut pas vous quitter, assurez-vous que ce n’est pas parce qu’il a peur de vous peiner s’il vous laisse seul(e).

Certains enfants sont prêts à se sacrifier pour voir leur parent heureux.  Ne lui donnez pas l’impression d’être déloyal envers vous s’il est heureux d’aller avec l’autre parent. Dans toutes situations normales, même s’il est difficile de le voir partir, encouragez votre enfant à maintenir une bonne relation avec l’autre parent et montrez-lui que vous êtes en accord tous les deux, il en sera réconforté.

Une situation particulière se présente à l’adolescence, la plupart des jeunes n’acceptent plus la garde partagée et demandent de vivre chez un des parents quitte à voir l’autre occasionnellement selon leurs disponibilités de travail, d’études, de loisirs, etc.  Pour choisir l’endroit où ils habiteront, les adolescents tiennent compte de la proximité de l’école qu’ils fréquentent, de la facilité d’accès au centre sportif, des transports en commun, etc. La famille est moins centrale et ils voudront demeurer le plus près possible de leurs amis.

Il se peut aussi que l’adolescent qui a vécu avec un parent demande d’aller vivre avec l’autre, il est alors normal qu’il veuille découvrir son autre parent. C’est un élément pour la construction de sa personnalité. C’est vous qui devrez dans ce cas accepter ce changement dans votre vie et lui faciliter les choses en ne tentant pas de le retenir et en ne lui donnant pas l’impression que vous vous sentez abandonné.

Il faut cependant examiner à fond les circonstances dans lesquelles ce transfert se fait pour distinguer s’il s’agit d’un réel besoin de définir son identité ou d’une fuite. On pourra dire que débute une stratégie de fuite si l’adolescent cherche à éviter l’autorité, refuse les règles établies chez vous, s’il veut se soustraire à la discipline, avoir de plus en plus de liberté et de moins en moins de responsabilité; s’il prétend qu’il ne peut plus supporter le beau-parent et se réfugie alors dans l’autre foyer après un départ fracassant. Alors, faites attention.  Vous enfant entreprend peut-être une carrière d’«enfant prodigue» qui vivra un certain temps avec l’autre parent et reviendra dès que celui-ci aura mis aussi des limites (ex. : « Tu ne peux plus amener ta petite amie ici toutes les fins de semaine. »). Vous devez lui apprendre qu’il ne peut se soustraire continuellement à la nécessité de régler ses problèmes avec l’entourage et l’aider à assumer les avantages et les inconvénients d’un milieu. Mettez les choses au clair avec lui et assurez-vous la collaboration avec l’autre foyer pour éviter la manipulation. Fixez un temps limite où il doit vivre à un endroit (ex. : « Si tu décides d’aller vivre avec ton père, c’est pour un minimum d’un an. »)

L’enjeu véritable est la mise au monde d’un adulte. L’adolescent a besoin d’être écouté, compris et il a encore besoin de balises pour apprendre jusqu’où vont ses droits, ses libertés et où commencent ceux des autres. Dans les deux cas, vous aurez à obtenir l’accord de l’autre parent avant d’accéder à la demande de l’enfant, et prévoir avec celui-ci la manière dont vous pourrez continuer de l’accompagner. Vous devrez réviser les arrangements de garde et prendre des ententes à moyen terme. Attendez-vous à ce que les changements soient plus fréquents à cet âge.

Gisèle Larouche,
Auteure du livre « Du nouvel amour à la famille recomposée.  La grande traversée. » publié en 2001 aux Éditions de l’Homme.

Les règles de base pour assurer le succès du partage des responsabilités parentales.

Après la séparation du couple, les parents demeurent. De nouvelles règles s’imposent si vous voulez que vos enfants continuent d’avoir un papa et une maman. En voici quelques-unes qui ont fait leur preuve.

  • Respectez l’intimité de chacun et n’interférez pas dans le ménage de l’autre.
  • Soyez courtois(e). Prenez rendez-vous pour discuter des choses importantes, comme vous le feriez avec un collègue ou une autre relation.
  • Donnez à votre ex-conjoint(e) le bénéfice du doute; ne faites pas de suppositions à partir de ce que les enfants ont dit, mais prenez le temps de vérifier avec l’autre parent de quoi il s’agit vraiment.
  • Quand il y a divergences ou conflits, recherchez des solutions et non à qui appartient la faute.
  • Soyez d’affaires et ayez vos émotions à l’oeil; évaluez le comportement de votre ex-conjoint(e) non pas selon vos émotions, mais selon la manière de régler les affaires.
  • Soyez digne de confiance et respectez vos ententes.
  • À chacun sa manière. Il est impossible de changer l’autre. Concentrez-vous sur comment vous souhaitez être vous-même avec vos enfants et laissez l’autre choisir comment il (elle) veut vivre avec eux.
  • Mettez vos ententes par écrit. Assurez-vous que les décisions que vous avez prises quant au partage du temps, des tâches et des coûts, soient explicites et clairement détaillées.
  • Gardez votre passé matrimonial dans un compartiment spécial; ne ramenez pas le passé dans le présent de vos enfants, ne le laissez pas faire obstacle à vos discussions.
  • Faites-vous la promesse de garder le contact avec vos enfants et de ne jamais les éloigner de l’autre.

Les quatre saisons de la famille recomposée.

La famille habituellement se développe selon les étapes suivantes : couple, naissance du premier enfant, parents avec adolescents, départ des enfants, parents seuls. La famille recomposée, au départ, ne suivra pas ces étapes ; puisqu’elle doit unir deux entités (2 familles monoparentales), elle s’apparente plutôt à l’union du couple (2 personnes). Elle évoluera donc comme celui-ci selon des phases de fusion, de différenciation, d’engagement et de solidification sur une période de 7 ans environ selon ce qu’en conclut les différentes recherches.

Pour illustrer ce qui se passe à l’intérieur de chacune de ces quatre phases, nous utiliserons le symbole des quatre saisons parce qu’elles représentent le cycle de la vie avec ses périodes d’abondance, de deuil, de choix et de recommencement.

Les phases de la famille recomposée comme les phases du couple s’enchaînent les unes aux autres mais sans se suivre comme les saisons à chaque année. Elles ne sont pas linéaires, ni similaires dans la durée ou l’intensité. Certaines familles peuvent, par exemple, vivre longtemps dans une phase alors que l’autre passera presqu’inaperçue. D’autres pourront en inverser l’ordre ou revenir fréquemment à l’une d’entre elle selon leur dynamique interne mais aussi selon des facteurs externes parfois incontrôlables.

Nous nous attacherons donc aux symboles des quatre saisons surtout pour ce qu’elles représentent et ce qu’elles nous font vivre.

Ainsi on associe l’été à l’abondance, la période où les arbres sont verts et portent des fruits, où les fleurs sont éclatantes de couleurs, les jardins débordant de légumes. C’est la période où le soleil est à son zénith, un temps d’énergie intense. C’est la période des vacances, e la détente, un temps de proximité avec nos proches.

L’automne est la période de la récolte, on cueille, on engrange, on fait des conserves en vue d’affronter la période plus dure qui s’en vient; c’est un temps de travail et de courage. Puis les feuilles tombent, la nature se dessèche, quelque chose doit mourir, il faudra renoncer pour naître à autre chose. C’est le temps de la transformation. Et l’hiver arrive et l’on s’abrite à l’intérieur, la nature semble s’endormir mais la vie continue par en dessous. La noirceur vient plus tôt, la lumière manque. Les tempêtes, les vents, pour certains pays la saison des pluies, éprouvent l’endurance, épuisent les réserves. C’est l’épreuve, le moment d’arrêt entre la mort et le renouveau. Des choix sont à faire, le dépouillement aidera à mieux y voir… Et enfin, au printemps la vie explose de partout, dans toute sa fraîcheur. Les bourgeons éclatent, les animaux mettent bas, les oiseaux construisent leurs nids. Le ruisseau recommence à couler, la chaleur renouvelle le paysage. Tout à coup, on a la vision très claire de ce que l’on souhaite, de ce que l’on veut bâtir, et on se sent déborder d’enthousiasme à cette idée. On se réorganise pour un autre départ, c’est le temps de la création. On sème et le cycle recommence et ainsi va la vie…

Et ainsi va la famille recomposée qui passera à travers chacune de ces saisons et qui y reviendra elle aussi tour à tour, par exemple, au deuil quand l’enfant partira de la maison et à l’abondance quand le beau-parent dira à l’enfant: « Je t’aime comme si tu étais mon fils » ou quand arrivera le petit-enfant. Ces cycles ne tournent pas en ronds, ils sont évolutifs, ils s’enchaînent en montant, on grandit… Vers où ? Vers quoi? Vers « Soi »! Vers « Nous »…!

PHASE 1: LA FUSION

L’été de la famille recomposée

Tout beau! Vous avez rencontré la personne rêvée et vous êtes « aux petits oiseaux ». Le soleil brille! Ça commence toujours par une belle histoire d’amour! Deux familles monoparentales se courtisent :

« Je t’aime, je vais aimer tes enfants. 
Tu m’aimes, tu vas aimer mes enfants. 
Nous allons être heureux ensemble. »

C’est un mythe de croire que parce qu’on aime un homme (une femme), on aimera automatiquement ses enfants, qu’ils lui ressembleront et que notre amour les englobera aussi. Et c’est aussi un mythe de penser que parce qu’on est heureux, les enfants le seront aussi. Mais à ce moment-ci, vous voyez tout en couleurs…

« Je vais retrouver une famille. » 
« Mon fils va avoir un ami. »

Malgré les statistiques malgré les échecs que vous avez vus autour de vous, la confiance est au plus haut. Et les faits vous donnent raison : les enfants jouent ensemble, le démarrage se fait bien. Même si vous entrevoyez déjà certains irritants : que la façon de dépenser de l’autre diffère de la vôtre ou que le caractère d’un de ses enfants vous heurte, vous ne voulez pas vous laissez démonter, tout s’arrangera.

Tout chaud! Dans ce courant fusionnel, le couple entraîne les enfants avec lui; les frontières se confondent, la nouveauté est stimulante, chacun s’investit pour combler les désirs de l’autre. « Je suis prêt à tout pour que ça marche. » À cette étape, le beau-parent cherche à plaire à l’enfant et s’investit dans les activités que celui-ci aime, ce qui enchante le parent. Il y a peu de circonstances susceptibles de provoquer la discorde. Même si certains enfants peuvent vivre quelques réticences à voir un étranger avec leur parent, ils le percevront comme l’ami(e) de papa ou de maman, donc interférant peu dans leur propre vie.

Pour bien vivre cette étape : Soyez réaliste.
Profitez au maximum de cette période de joies intenses mais en restant réaliste et en vous rappelant qu’elle est là pour donner de l’élan en partant et une certitude : celle que vous pouvez être bien ensemble.

PHASE 2: LA DIFFÉRENCE AU QUOTIDIEN

L’automne de la famille recomposée

Quelques nuages se pointent à l’horizon.

Avec le début de la vie commune, c’est le réveil à la réalité, les deux parents se heurtent aux habitudes de vie différentes : vos enfants ne se couchent pas à la même heure, vous êtes obligés de négocier pour écouter votre émission de télévision, votre fauteuil est occupé, votre conjoint assume moins de tâches que vous le souhaitez, son fils le réclame à l’heure du coucher, etc.

Si vous avez tous les deux des enfants, vous constatez que vos façons de les éduquer diffèrent : elle est plus exigeante, vous êtes plus souple. À l’heure des repas, sa fille refuse la nourriture que vous préparez. Elle fête Noël le 24 décembre, vous le 25. Des rites, des façons de faire, vous avez votre histoire, ils ont la leur. Voilà les tensions qui commencent. Vous vous frottez au quotidien! On sait que dans le cas d’une famille nucléaire, les habitudes et les valeurs des parents peuvent différer mais ils s’adaptent graduellement au fur et à mesure que l’enfant grandit. Dans le cas de la famille recomposée, en plus du modèle familial d’enfance, les conjoints ont développé avec leurs enfants une façon d’être parent. Il faudra alors beaucoup d’échanges pour trouver un point de rencontre entre des modèles éducationnels très différents et parfois même opposés.

Mais à cette étape, la tendance est de croire que vous avez la bonne façon et vous critiquez l’autre : « tu devrais changer ceci, ton enfant est trop gâtée. » En réalité, vous avez probablement tous les deux raison : vos façons de faire respectives ont plutôt bien marché jusqu’ici, vos enfants en sont la preuve. Ils ne sont pas si mal, après tout!

La plupart des enfants eux, à cette étape, espèrent encore réunir leurs parents. Ils voient donc le nouvel arrivant comme un obstacle à leur rêve de réconciliation et trouvent mille astuces pour entraver le projet du couple (une grande partie de cette résistance est inconsciente).

L’enfant pourra alors déranger votre intimité en s’assoyant entre vous, provoquer des discordes, se quereller avec les autres enfants pour défendre son territoire mais aussi pour monopoliser votre attention. Il peut essayer d’ignorer le beau-parent, ou le submerger de tâches, ou faire ce qui le contrarie. Il peut le comparer à son parent absent en le diminuant : « Ma mère, elle, ne ferait pas cela. » Ces tactiques sont alimentées par le désir de retrouver sa famille unie comme avant, son motif est louable et il se bat pour une bonne cause. Comprendre son combat est déjà un bon pas pour l’aider à désarmer.

Pendant la période de monoparentalité, très souvent le parent privé d’un conjoint se rapproche de son enfant : il a plus de temps à lui consacrer, a besoin d’affection et de support dans les tâches quotidiennes. Si l’enfant est en âge d’assumer ce rôle, il arrive même que le parent le prenne comme conseiller dans les décisions à prendre. L’arrivée du nouveau conjoint viendra modifier ce statut. L’enfant perdra cette place privilégiée et le vivra comme une régression.

Si l’enfant aime facilement le beau-parent, il aura peur de trahir son parent absent, surtout si celui-ci manifeste de la colère, de l’hostilité ou de la tristesse quand il est question du nouvel arrivant. L’enfant, pris dans un conflit de loyauté, s’interdira de créer des liens ou se sentira coupable de le faire. À cette étape, les enfants défendent donc leurs acquis, ils ont également peur de perdre leur parent qui semble très accaparé par ce nouvel amour. Ajoutez à cela la jalousie, la rivalité et l’inquiétude qu’il peut vivre si le nouveau conjoint a des enfants… « Avant, toute l’affection était pour moi. Maintenant, ma mère joue avec ces autres enfants et les prend dans ses bras. ». Ils espèrent secrètement récupérer l’exclusivité du lien filial.

Le climat se refroidit! L’enfant changera peut-être aussi d’attitude vis-à-vis son parent et lui reprochera les difficultés qu’il vit ; il se dira victime de la décision que celui-ci a prise. Il veut se venger d’une injustice : en plus de subir les déchirements de la séparation, il a peut-être dû changer d’école, de chambre, d’amis, vivre dans les valises et il doit maintenant s’adapter à ce nouvel adulte. Il sera plus agressif, plus maussade, plus possessif avec son parent et moins enclin à lui obéir. Il tentera peut-être de le pousser au pied du mur pour tester son amour et sa fidélité : « Qui de nous vas-tu choisir? Est-ce que cet étranger est plus important que moi, ton fils (ta fille)? » S’il sent que son parent est hésitant ou se culpabilise, il redoublera d’ardeur et utilisera ce pouvoir pour manipuler.

Les réactions sont différentes selon le caractère de l’enfant : à l’inverse des plus combattifs, certains se refermeront – se sentant impuissants et accablés par la situation – ou d’autres seront suradaptés en essayant de répondre à toutes les attentes des adultes – croyant que s’ils sont irréprochables, ils seront aimés –. Nous sommes portés à accorder beaucoup d’attention à l’enfant qui revendique et s’exprime fortement : « on huile la roue qui grince », mais celui qui ne fait pas de bruit a besoin d’être entendu aussi.

Un rêve s’envole, c’est la désillusion, quelque chose doit mourir! Ce sera plus difficile que vous l’aviez cru. En général, des deuils importants seront à faire et pour les enfants et pour les parents.

Le parent, lui, aura l’impression d’être pris entre deux feux. D’une part, il ne peut reprocher à son enfant d’agir comme il le lui a appris, mais d’autre part, il ne peut justifier son comportement et faire appel à la compréhension et à la tolérance du beau-parent sans que celui-ci lui reproche de prendre parti et développe de l’agressivité envers l’enfant « qui gagne encore » selon lui. Le parent qui voit son enfant malheureux peut se demander : « Suis-je justifié de lui faire vivre cela ? Est-ce que mon bonheur valait ce prix? » Et les doutes reviennent se pointer à l’horizon.

Le beau-parent, à cette étape, se demande comment faire sa place et pénétrer ce système si bien rodé. S’il s’investit trop et trop vite, il provoque les résistances de l’enfant, se heurte aux habitudes de vie différentes du milieu qu’il rejoint et entre en conflits avec le parent qui a déjà sa façon de faire. S’il ne s’investit pas assez, il vit un désintérêt et un désengagement progressif. Il demeurera peut-être conjoint du parent, mais ne deviendra pas un beau-parent ; car ce n’est pas parce qu’on vit dans la même maison que l’enfant qu’on est beau-parent!

Vos belles attentes se flétrissent!

Les deux conjoints, divisés par les conflits, ont tendance à dire « occupe-toi de tes enfants, je vais m’occuper des miens. » C’est la différenciation.

Pour bien vivre cette étape : Reconnaîssez le vécu de chacun et aidez chaque membre de la famille à accepter ses pertes.

  • Le parent peut aider l’enfant à mettre des mots sur ce qu’il ressent (sa souffrance, sa colère vis-à-vis son parent ou son beau-parent ou la culpabilité d’aimer celui-ci). L’écouter sans le laisser dériver : « je comprends que ce n’est pas facile pour toi… mais j’aime Lise et je ne retournerai pas avec ta mère. » Même s’il rêve d’un retour, ses petites épaules seraient bien chargées si elles avaient à porter l’échec de votre projet de vie.
  • Le beau-parent devra éviter de critiquer la façon de faire du parent et accueillir l’enfant où il est et comme il est. Être vrai avec celui-ci et lui parler franchement : « cette relation est difficile pour nous deux, nous n’avons pas le choix, je suis là, tu es là, nous aimons tous deux la même personne. Nous allons prendre le temps de nous connaître et trouver une façon de vivre ensemble. Je ne veux pas remplacer ton père (ta mère). Je comprends que c’est difficile pour toi que j’arrive comme ça dans ta vie. J’aurais fais la même chose que toi, à ta place et à ton âge. » Ne prenez pas comme une attaque personnelle ses attitudes et ses remarques offensives ; c’est le rôle, la place que vous occupez qu’il conteste. Pour l’enfant, « maman » et « la femme de papa » sont la même personne et donc, si le beau-parent devient « la femme de papa », est-ce qu’elle va aussi prendre la place de maman ? D’où l’importance de signifier à l’enfant que son père restera son père, sa mère restera sa mère et que vous, vous aurez une autre place. Ignorez donc les attaques anodines, mais demandez-lui de vous respecter lorsqu’il va trop loin.
  • Le couple se réservera du temps pour échanger sur le vécu de l’autre et ses attentes : « quel rôle veux-tu que je joue auprès de tes enfants? » « Pourrais-tu m’aider en… »

PHASE 3 : LA RUPTURE OU L’ENGAGEMENT

L’hiver de la famille recomposée

Voilà les tempêtes! Les tensions deviennent des querelles ouvertes.

C’est souvent le beau-parent qui, pour faire sa place, fait des pressions sur la structure en place. Il décide de s’affirmer et secoue la barque : quelque chose de fondamental doit changer. Il n’accepte plus d’être tenu à l’écart ou d’être traité de cette façon par l’enfant ou par son conjoint. « J’ai des droits ! » Les luttes qui peuvent sembler banales de l’extérieur sont très significatives pour lui; ce sont des luttes de pouvoir afin d’établir son territoire et son rôle.

La guerre de la cigarette
Philippe, 15 ans, dit qu’il a le droit de respirer de l’air pur dans la maison et exige que son beau-père aille fumer dehors. Après un certain temps, celui-ci dit : « il fait froid maintenant, je paie le loyer ici, donc je vais fumer à l’intérieur. » Philippe alors ouvre toutes les fenêtres en plein hiver. Tout le monde se plaint d’avoir froid. Des éclats de voix s’ensuivent. Et une nouvelle crise éclate à chaque cigarette.
La guerre de la meilleure place à table, de l’accès à la douche, etc., etc.

Il n’y a pas de situations exclues, elles sont toutes valables pour vérifier si quelque chose va bouger.

C’est l’épreuve! Ce sont des guerres à finir. Le parent y verra un manque de maturité de la part de son conjoint : « Tu devrais être raisonnable, c’est toi l’adulte. »

Or il s’agit d’un tournant décisif qui décidera du couple et de la famille : ou le parent fait coalition avec son enfant et les deux entités familiales s’éloignent de plus en plus, ou le couple fait alliance et toute la structure de la famille changera.

Le choix se pose ainsi : si les conjoints recherchent des solutions ensemble, s’ils disent « nous avons un problème, comment le réglons-nous ? », si au lieu de prendre parti, de chercher un coupable, ils négocient en tenant compte de chacun avec ses différences, la famille passera à l’autre étape. Sinon, la séparation sera probablement l’issue. On se rend ensemble à bon port ou on coule chacun de son côté. On ne saurait continuer longtemps dans cette atmosphère de tensions. Surtout qu’après une rupture on semble moins bien tolérer une relation exigeante et insatisfaisante. Comme si on croyait avoir payé déjà chèrement le droit à une vie sereine…Toutes les familles ne vivent pas avec la même intensité cette période charnière mais toutes verront des transformations dans le fonctionnement de la maisonnée à ce moment-ci.

Tout le paysage change!

Si on prend bien le tournant les structures se modifient pour tenir compte des différents systèmes et faire une place pour chacun.

Des trios se brisent pour se restructurer autrement :

  • Un sous-système couple apparaît, une frontière est mise (ex. : « on n’entre plus dans la chambre à coucher des parents. ») et l’enfant se retire de la relation parent – beau-parent.
  • Une autre frontière est mise en place pour délimiter et protéger le territoire de la nouvelle famille (ex. : on dira à l’ex-conjoint: « Ne téléphone plus le samedi soir. ». Le couple acquiert sa légitimité « Nous avons le droit d’être ensemble et d’être heureux » et « nous avons le droit d’être une famille. Le droit de rester maître chez nous malgré la survivance d’un lien parental ».
  • Un sous-système est formé par le beau-parent et l’enfant, et le parent se retire d’entre les deux (ex. : « Tu lui en parleras à lui. »). Il peut maintenant laisser son conjoint gérer ses conflits avec l’enfant parce qu’il a acquis l’assurance que celui-ci est conscient de sa responsabilité et qu’il aime assez l’enfant pour intervenir justement.
  • Le beau-parent a un rôle clair; il se sent membre à part entière de ce système. Il a ses droits et ses devoirs dans le quotidien. Il sait ce qu’il peut apporter. La famille monoparentale s’est modifiée pour l’intégrer et probablement sa parenté aussi. Il peut être authentique dans sa relation avec l’enfant et affirmer ses besoins sans avoir peur que tout éclate.

De deux familles monoparentales, on devient une famille dirigée par un couple.
L’enfant s’engage, il apprend à tirer le meilleur parti de la situation, à s’adapter à la complexité de deux modes de vie et il a un nouveau sentiment d’appartenance à un ensemble plus vaste.

Un certain calme s’installe! Les défenses sont tombées, les relations sont dépouillées des attentes irréalistes …

Pour bien vivre cette étape : négociez et apprenez à vivre avec les différences.
Délimitez les territoires : de l’espace et du temps pour chacun (couple, moi et mes enfants, toi et tes enfants, les enfants ensemble, la famille au complet);
Délimitez les pouvoirs : les limites de l’enfant, les droits et les responsabilités dans les rôles de parent et beau-parent;
Négociez au fur et à mesure les besoins contradictoires et trouvez une solution satisfaisante pour les deux partis. Vivez et créez avec les différences.

PHASE 4: LA SOLIDIFICATION

Le printemps de la famille recomposée

Une nouvelle famille voit le jour. On élabore un modèle familial qui corresponde à la réalité unique des membres de la famille. Il n’y a pas de moule pouvant convenir à la majorité des familles qui se recomposent. Chacune d’elle a son histoire propre qui ne saurait ressembler à aucune autre. Et chacune d’elle doit trouver une façon de vivre ensemble qui soit satisfaisante pour tous les acteurs. Vous avez à vous donner votre propre mode de vie où chacun aura sa place, se sentira membre à part entière de cette entité, connaîtra les règles à suivre mais aussi ses droits, ses gains et son rôle. On se crée un foyer…

Les bourgeons apparaissent, des liens naissent.

Vous avez pris l’autre dans votre vie. Des petits gestes de tendresse vous surprennent agréablement :

  • Votre belle-fille vous offre un dessin;
  • Votre beau-fils vous achète votre musique préférée à votre anniversaire;
  • Votre conjoint se préoccupe de votre enfant et loue un film qu’il voulait regarder;
  • L’adolescent propose à son beau-père une partie de pêche ou lui demande de lui montrer comment réparer sa bicyclette ;
  • Le plus vieux aide le plus jeune dans son devoir d’anglais. On s’entraide.

Vous vous sentez habité par l’autre, vous pensez à lui quand il n’est pas là et ce qui lui arrive vous concerne. Vous acceptez les rythmes différents, même si un des membres est moins engagé, il est admis tel qu’il est et où il est. Vous pouvez faire des projets d’avenir ensemble. Vous ensisagez d’acheter une auto plus spacieuse, une maison, vous tranformez le sous-sol en salle de jeux pour les plus jeunes, etc.

On construit peu à peu son nid.

Vous vivez de bons moments ensemble. À Noël, chacun offre des cadeaux aux autres et vous inventez une fête qui vous ressemble. Vous avez vos photos de famille, votre « Nous ».

Vous créez votre histoire avec ses rites (les crêpes du dimanche matin), ses habitudes (écouter des films près d’un bon feu), ses refuges (un chalet dans les bois). Vous redécorez, vous inventez un « chez-nous où il fait bon vivre ». Vous avez modifié votre façon de cuisiner pour inclure les goûts de chacun, vous inventez de nouvelles recettes. L’espace est divisé pour laisser le plus d’autonomie possible « aux grands », l’adolescent aura sa chambre insonorisée au sous-sol. La rigidité a fait place à la créativité essentielle dans cette étonnante famille.

Oui, vous avez votre façon bien à vous de vivre au quotidien.

Souvent l’amour nous est donné et le défi est de l’entretenir par la suite. Dans la famille recomposée, on doit le conquérir au fil des jours, de petit geste en petit geste. C’est souvent dans les petites choses que l’on s’écorche et ce sont aussi celles qui font le plus plaisir…

Quelle joie quand votre beau-fils vous cherchera pour vous dire bonjour avant de retourner chez son autre parent ou en revenant de chez celui-ci. L’air de rien, vous serez tout bouleversé par en-dedans…

Cette tendresse, c’est une bouteille jetée à la mer quelques années
plus tôt et qui revient chargée d’un message d’amour…

Extrait du livre “Du nouvel amour à la famille recomposée. La grande traversée”, GisèleLarouche, Les Éditions de l’Homme, 2001.